Cadremploi est un site d'emploi destiné aux cadres, édité par une entreprise privée du groupe Figaro. Il ressemble à ses concurrents sur l'essentiel, avec une différence qui mérite qu'on s'y arrête : une partie de ses services aux candidats est payante.
Qu'est-ce qui est gratuit, et qu'est-ce qui ne l'est pas ?
Consulter les offres et y postuler relève du compte gratuit. C'est le cas partout, et il faut le dire clairement parce que la présence d'options payantes fait parfois croire l'inverse.
Ce qui se paie porte sur autre chose : la mise en avant du profil auprès des recruteurs, l'accompagnement, la relecture de documents. Autrement dit, des services périphériques à la candidature, pas la candidature elle-même.
Ces options changent-elles quelque chose ?
Sur une candidature envoyée à une offre précise, non. Le recruteur traite les dossiers reçus pour son poste, et aucune option ne modifie ce traitement.
Sur la visibilité, oui, mais indirectement. Un profil mis en avant ressort mieux dans les recherches des recruteurs abonnés au service de sourcing, ce qui peut générer des sollicitations spontanées. C'est un canal réel, mais qui joue à l'échelle de plusieurs semaines et sans garantie.
La question à se poser n'est donc pas « est-ce que ça marche », mais « qu'est-ce que j'obtiens ailleurs sans payer ».
Qu'as-tu déjà gratuitement ailleurs ?
Si tu es cadre ou jeune diplômé, l'Apec propose un accompagnement gratuit : ateliers, entretiens individuels avec un consultant, données de rémunération. Ce n'est pas une faveur, c'est financé par une cotisation déjà prélevée sur les salaires des cadres.
Autrement dit, tu paies déjà pour un service comparable, que tu utilises ou non. Il est raisonnable de l'épuiser avant d'en acheter un second.
France Travail propose également un accompagnement, dont des prestations spécifiques aux cadres selon les situations.
Dans quel cas l'option payante se défend-elle ?
Trois situations la rendent discutable plutôt qu'absurde. Un profil très spécialisé, où le sourcing par les recruteurs est le canal principal et les annonces publiques rares. Une recherche discrète en poste, où la visibilité contrôlée a une valeur. Et l'urgence, quand multiplier les canaux vaut mieux qu'optimiser.
Dans tous les autres cas, l'argent est mieux placé ailleurs, à commencer par le temps que tu ne passeras pas à remplir des formulaires.
Quels sont les ratés les plus fréquents ?
Le profil visible sans y penser. Comme sur tous les sites proposant du sourcing, la visibilité se règle et se vérifie, surtout quand on est en poste.
La redirection non repérée. Une partie des annonces renvoie vers le site du recruteur ou vers un logiciel de recrutement. Si le domaine change après le clic, la candidature se dépose ailleurs et le site n'en garde pas la trace.
Le doublon avec l'Apec. Les mêmes offres cadres circulent sur plusieurs plateformes. Vérifie l'employeur et l'intitulé avant de postuler deux fois.
Comment repérer une offre déjà vue ailleurs ?
Compare le texte de l'annonce, pas son titre. Les offres cadres circulent entre plusieurs plateformes, souvent réécrites en surface mais identiques dans le corps du texte.
Le second indice est le nom de l'employeur : quand il est masqué au profit d'un cabinet de recrutement, la même offre peut apparaître ailleurs sous le nom réel de l'entreprise, ou l'inverse. Dans le doute, l'intitulé exact et la localisation suffisent presque toujours à trancher.
Que fait Tontaf sur Cadremploi ?
L'extension lit l'annonce, remplit le formulaire, joint le CV et écrit la lettre à partir de l'offre. Elle suit la redirection quand la candidature part ailleurs, et enregistre le tout dans ton suivi.
Sur un site où l'on propose de payer pour gagner du temps, c'est la partie du problème qu'un outil peut réellement traiter : le temps de saisie. Le reste, la visibilité et l'accompagnement, ne s'automatise pas.