Les champs du formulaire

Disponibilité et préavis : quelle date annoncer ?

Fondateur de Tontaf

En bref

Donne une date, pas une impression. Si tu es en poste, ta disponibilité est la fin de ton préavis, dont la durée ne vient pas du code du travail mais de ta convention collective. Compte à partir du jour où tu remettras ta démission, pas d’aujourd’hui. Si tu n’es pas en poste, « immédiatement » est vrai et s’écrit tel quel.

Mis à jour le 8 août 20265 min de lecture

Notre méthode

Ce guide est rédigé à partir des formulaires et des champs que Tontaf reconnaît. Les options pouvant varier selon l’employeur, l’article distingue le fonctionnement de la plateforme de son paramétrage. Aucune réponse sensible ni aucun consentement n’est déduit à la place du candidat.

« Disponibilité ? » est l’un des rares champs où une réponse vague coûte immédiatement quelque chose. Le recruteur bâtit un calendrier avec : date d’entretien, date de décision, date d’entrée. Une réponse fausse ne se découvre qu’au moment où elle casse ce calendrier, et c’est le plus mauvais moment.

La bonne réponse tient en une date. Encore faut-il savoir la calculer, et cela suppose de connaître une règle que presque tout le monde croit connaître de travers.

Existe-t-il une durée légale de préavis en cas de démission ?

Non, et c’est la confusion la plus répandue sur le sujet.

Le code du travail fixe des durées de préavis pour le licenciement. Pour la démission en CDI, il n’en fixe aucune : l’article L1237-1 se contente d’en organiser les modalités. « Trois mois pour les cadres, c’est la loi » est une phrase fausse, même quand le résultat est exact.

D’où vient alors la durée ? De trois sources, dans cet ordre :

  1. Ta convention collective, qui est la source principale et celle qu’il faut lire en premier.
  2. À défaut, les usages de la profession ou du lieu.
  3. À défaut encore, ton contrat de travail.

Ce n’est pas une distinction théorique. Elle change ce que tu dois aller vérifier avant de répondre : pas un article de loi générique, mais le texte qui s’applique à ton entreprise, dont l’intitulé figure sur ton bulletin de paie.

Comment calculer sa vraie date de disponibilité ?

En trois étapes, dans cet ordre.

Trouve ta convention collective. Son nom et son numéro IDCC sont sur ton bulletin de paie. Les durées les plus courantes tournent autour d’un mois pour les employés et de deux à trois mois pour les cadres, mais la seule qui compte est celle de ton texte.

Vérifie ton contrat. S’il prévoit mieux pour toi que la convention, c’est le contrat qui s’applique.

Compte à partir du bon jour. C’est l’erreur la plus fréquente : le préavis ne démarre pas aujourd’hui, il démarre le jour où tu remets ta démission. Or tu ne démissionneras qu’une fois la promesse d’embauche signée. Entre ta candidature et ce jour-là, il se passe souvent quatre à six semaines de processus.

Autrement dit, si tu as trois mois de préavis, ta disponibilité réelle n’est pas dans trois mois. Elle est dans quatre ou cinq.

Que faut-il écrire dans le champ ?

Une date si tu la connais, une durée conditionnelle sinon.

Si tu n’es pas en poste : « Immédiatement ». C’est vrai, c’est court, et cela répond exactement à la question.

Si tu es en poste : « Sous trois mois à compter de l’acceptation » plutôt qu’une date fixe. La formulation est exacte, elle ne t’engage pas sur un calendrier que tu ne maîtrises pas, et elle dit au recruteur ce qu’il veut vraiment savoir : combien de temps entre son « oui » et ton arrivée.

Si tu es en préavis en cours : donne la date de fin, elle est certaine.

Évite « rapidement », « dès que possible » et « à convenir ». Ces réponses ne contiennent aucune information, et le recruteur devra reposer la question.

Faut-il annoncer un préavis long dès la candidature ?

Oui, et le réflexe inverse se retourne systématiquement contre son auteur.

La tentation est de minimiser pour ne pas être écarté d’entrée. Le problème est que la contrainte ne disparaît pas : elle réapparaît au moment où le recruteur propose une date d’entrée, c’est-à-dire après trois entretiens, quand il a déjà prévenu l’équipe et parfois refusé d’autres candidats.

À ce stade, un délai de trois mois qui aurait été une simple contrainte de planning devient un problème de confiance. Et la confiance se répare beaucoup plus mal qu’un calendrier.

Certaines entreprises écarteront un préavis long. C’est leur droit, et il vaut mieux le savoir en semaine un qu’en semaine six.

Peut-on négocier une sortie plus rapide ?

Oui, par accord avec ton employeur, et cela vaut la peine d’être tenté quand le poste en dépend.

Deux cas, aux conséquences opposées :

  • Tu demandes la dispense et l’employeur accepte : tu pars plus tôt, mais il ne te doit pas l’indemnité compensatrice de préavis.
  • L’employeur prend l’initiative de te dispenser : tu pars plus tôt et il te doit cette indemnité.

Une rupture conventionnelle change également le calendrier, avec ses propres délais d’homologation.

La règle de prudence est simple : n’annonce jamais une sortie négociée avant qu’elle ne soit accordée. Tant que ton employeur n’a pas dit oui, ta disponibilité reste la fin du préavis complet.

Que répondre quand le champ n’accepte qu’une date ?

Beaucoup de formulaires imposent un sélecteur de date, sans possibilité de nuance.

Prends la date la plus tardive de ton hypothèse réaliste, celle qui suppose un processus de recrutement de quatre semaines suivi de ton préavis complet. Tu peux toujours arriver plus tôt, ce qui est une bonne surprise ; l’inverse n’en est jamais une.

Puis, si le formulaire comporte un champ libre ou une lettre, ajoute une ligne : « Date calculée sur la base de mon préavis de trois mois, négociable selon les besoins du poste. » Elle transforme une date brute en information exploitable.

La disponibilité est-elle une question éliminatoire ?

Elle peut l’être, et c’est ce qui la distingue de la plupart des champs.

Un recruteur qui remplace un départ au 1er du mois suivant peut avoir paramétré son logiciel pour écarter toute disponibilité au-delà d’une certaine date. Aucun humain ne lira alors le dossier.

C’est la raison pour laquelle ce champ ne doit jamais être rempli par un outil qui devine. Une date inventée peut coûter la candidature entière, ou pire, la faire passer un filtre qu’elle n’aurait pas dû passer, ce qui se paie plus tard. La même logique vaut pour les autres questions qui engagent, comme on l’explique à propos de ce qui s’automatise vraiment dans une candidature.

Comment Tontaf traite ce champ ?

L’extension reporte la disponibilité que tu as renseignée dans ton profil, telle quelle, sans la recalculer ni l’arrondir.

Si le champ demande une date et que ton profil contient une durée, elle te pose la question au lieu de convertir dans son coin : un préavis de deux mois ne devient pas une date sans savoir quand tu comptes démissionner, et cette information n’est nulle part ailleurs que dans ta tête.

Une fois répondue, la réponse est mémorisée pour les candidatures suivantes, au même titre que ta mobilité géographique ou tes prétentions salariales.

Questions fréquentes

Quelle est la durée légale du préavis de démission ?

Il n’y en a pas. Contrairement au licenciement, le code du travail ne fixe aucune durée de préavis pour une démission en CDI : l’article L1237-1 en organise seulement les modalités. La durée vient de la convention collective, à défaut des usages de la profession, à défaut du contrat de travail.

Que répondre à « disponibilité » quand on est en poste ?

La date de fin de ton préavis, comptée à partir du jour où tu comptes démissionner et non d’aujourd’hui. Si tu ne connais pas encore ce jour, une formulation comme « sous deux mois après acceptation » reste exacte et ne t’engage pas sur une date que tu ne maîtrises pas.

Peut-on écrire « immédiatement » quand on est encore en poste ?

Non, sauf si ton employeur t’a déjà libéré. Une disponibilité annoncée puis démentie coûte plus qu’un délai honnête : le recruteur a construit son calendrier dessus, et découvre trois semaines plus tard qu’il doit tout décaler.

Le préavis peut-il être raccourci ?

Oui, par accord avec ton employeur. S’il accepte de t’en dispenser à ta demande, il ne te doit pas l’indemnité correspondante ; s’il en prend l’initiative, il te la doit. Tant que l’accord n’est pas obtenu, ne l’annonce pas comme acquis à un recruteur.

Un préavis long fait-il perdre des candidatures ?

Sur des postes à pourvoir en urgence, oui, et c’est justement pour cela qu’il faut l’annoncer tôt. Un recruteur qui découvre trois mois de préavis au moment de l’offre a perdu son temps et le tien ; celui qui le sait dès le formulaire adapte son calendrier ou passe, sans rancune.

Faut-il indiquer une disponibilité si l’offre ne le demande pas ?

Ce n’est pas nécessaire dans le formulaire, mais c’est utile en une ligne de la lettre quand le délai est long. Le recruteur découvrira la contrainte de toute façon, autant qu’elle arrive de toi plutôt qu’au moment de fixer une date d’entrée.

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